La pièce d'exposition du mois

September 2014

D’ASN (Aircraft Seat for the Nineties)

L‘année de la Réunification, RECARO Aircomfort, devenu en 1997 RECARO Aircraft Seating, produisait 20 000 sièges, ce qui le plaçait dans le groupe de tête des grands fabricants mondiaux de sièges d‘avion. Les projets prévoyaient l’extension des activités du site de Schwaebisch Hall. On était à la recherche de personnel qualifié pour pouvoir satisfaire les commandes. Comme il fallait également faire de la place pour la production, on a décidé, au début des années 1990, de déplacer le département Automobile qui se trouvait encore sur place. Il fallait aussi trouver de nouvelles idées pour développer la division Sièges d’avion de RECARO. C‘est à ce moment-là que s’est produite une histoire digne d’un roman policier.

Le styliste Frank Beermann, qui est actuellement responsable des sièges de voiture chez RECARO, avait conçu en 1989 un nouveau siège pour la classe affaires. Il marchait en cela dans les pas du professeur Horst Sommerlatte, qui était auparavant en charge, comme intervenant externe, de la conception des sièges d‘avion et de voiture.

Pour le Salon de l’aéronautique du Bourget, RECARO Aircomfort a alors réalisé un prototype très novateur pour son époque. Ce modèle de « siège d’avion des années 90 » reçut le nom d’ASN (Aircraft Seat for the Nineties) et accompagna, une fois le salon terminé, un collaborateur de RECARO qui devait donner une conférence à Amsterdam. De là, on le confia à une entreprise de transport qui devait le ramener en France. Il n’arriva pourtant jamais à destination. L’agence de détectives chargée de le retrouver ne put elle non plus mettre la main dessus. Il avait disparu sans laisser de traces !

Quelques années plus tard, un concurrent arriva sur le marché avec une cinématique ressemblant fortement à celle de l’ASN. RECARO ne disposant cependant pas de dessins ni de brevets pour ce composant, il fut impossible de prouver qu’il avait été mis au point à l’origine pour l’ASN.

Aujourd’hui comme hier, la rédaction serait heureuse de recevoir tout renseignement – même anonyme – permettant de retrouver le siège.